L'alcoolisme en Bretagne, la légende la plus réelle qu'il soit !

Publié le par whybec


L'alcoolisme en Bretagne, la légende la plus réelle qu'il soit !

Pour ceux et celles qui ont du mal à considérer la réalité de certains phénomènes aggravés par l'alcool, comme la dépression ou le suicide, voici quelques "recoupements" : un extrait de "l'Atlas des usages de drogues à 17 ans dans les 22 régions métropolitaines", rédigé par l'Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies :

"Les ivresses alcooliques répétées (trois au moins au cours des douze derniers mois) se sont diffusées depuis 2003 et, dans le même temps, les écarts entre régions se sont accrus.
Les régions qui présentent des niveaux supérieurs au reste de la métropole sont surtout situées à l'ouest et au sud du pays. Derrière la Bretagne, région se situant largement en tête, on retrouve ainsi la Haute Normandie, les Pays de la Loire, Poitou-Charentes et Midi Pyrénées. Il faut aussi y
ajouter la Bourgogne et la Franche-Comté. En revanche, un groupe de régions situé au Nord et au
Centre (Nord - Pas-de-Calais, Picardie, Basse Normandie, Centre et surtout Île-de-France) sont sous
consommatrices par rapport à la moyenne."


Et pour ceux qui aimerait tant croire en une Ile-de-France dépravée, voici d'autres observations. L'ennui ? Perso, pour vivre en Bretagne, ce qui m'a le plus "marqué", c'est l'encouragement collectif à la consommation. Ce que d'autres considérerait comme des états "éthiliques" ne sont que "alcooliques sans gravité" ici, et l'alcoolique n'est rien d'autre qu'un fêtard. Une personne qui ne boit pas, ou peu, se trouve être, globelement, marginal. L'alcool est dit "culturel" par ces contrées. En fait, je vois plutôt une façon de ne pas se sentir "seul" à se cogner contre un mur. Le nombre permet une sorte d'accompagnement, et donc, de "sécurité" : puisque nous sommes tous ainsi, c'est que nous sommes "normaux". En, attendant, le taux de suicide, de crimes, d'accidents mortels et de dépression reste globalement numéro 1 dans cette région. Drôle de normalité.

Vivant en Bretagne depuis 4 ans, ce qui m'a marqué en arrivant ici, c'est certes la banalisation de l'alcool et d'une certaine violence, active ou passive (si dans une sité certains caîds sont armés, ici, les gens du cru, pour la chasse ou pour avoir gardé le fusil de "papa", sont presque tous armés, et c'est normal ...), l'autre chose qui m'a marquée, c'est la sédentarisation des gens. On peut passer des semaines, voire des mois, et pour d'autres, des années, à vivre dans un périmètre qui dépasse rarement 50 km2. Le truc, c'est que en zones urbaines, 50 km2 permet de rencontrer des milions de visage différents, des magasins, cinémas, théâtres, affiches, odeurs, restaurants etc ... En zone rurale, cela signifie que durant des semaines, des mois, vous verrez les mêmes gens, pas en grand nombre, les mêmes commerçants, toujours en nombre restreint, souvent pas un seul cinéma, si vous ne passez pas par la "route du petit cinéma" (quand il y en a), les mêmes rues, voire ou quatre trois routes, le même bureau de tabac, la même grande surface ... Je ne pense pas que l'homme puisse vivre de façon épanouie sans variété, ni dans ses activités, ni dans ses échanges, ni dans son décor.

Alors comme l'a dit l'enquête, ce ne sont pas dans les zones désoeuvrées que l'on trouve le plus de ces tristesses, comme l'alcool ou la drogue, le suicide et le crime. Je dirai que en Bretagne, la jeunesse ressemble bien plus à une jeunesse en boutons dorés, et c'est assez impressionnant, même si les gens, comme partout, se plaignent toujours et s'imaginent s'être construit tout seul. Cette certaine "facilité", ces sortes de privilèges, font que l'énergie à se découvrir, à se réaliser, à avoir des rêves et à les construire, la satisfaction personnelle et si épanouissante d'être l'auteur de sa propre vie, s'en trouve partiellement, au minimum, tuée. Leur vie, ce sont bien souvent leur aïeux qui l'ont construites pour eux. Comme quoi, le bonheur et le bien être ne tient vraiment pas au compte en banque ... Parler des sités permet une belle manipulation de l'opinion publique, pourtant, dans les faits, la délinquance est bien plus importante en zone rurale. Je dirai même qu'elle est laissée en état, parce que déjà là où elle n'est pas représentative, on parvient mal à la canalyser, je suppose qu'il est préférable pour des pouvoirs politiques d'ignorer le reste de ces misères, bien plus importantes. Dans le lot, ce sont toujours des individus qui trinquent, privilégiés ou laissés sur la carreau...


"Quant à l'Île-de-France, c'est la région la moins « fumeuse » avec 34% de tabagisme quotidien à l'adolescence (contre 48% en Bretagne). L'expérimentation de produits illicites autres que le cannabis (cocaïne, LSD...), concerne moins de 5% des adolescents dans la plupart des régions. Seule nuance pour l'ecstasy, qui est moins testée en Île-de-France, au Centre, en Auvergne et en Rhône-Alpes que dans le reste du pays. « Les zones les plus consommatrices ne sont pas celles ayant des profils socio-économiques dégradés. »
François Beck, responsable des enquêtes statistiques, OFDT"


Autre source : http://www.cfes.sante.fr/

L'observation statistique des décès par suicide est réalisée systématiquement à partir des
résultats définitifs des dénombrements établis par le service commun n° 8 de l'INSERM
(Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale).

* Atlas régional des consommations de produits psychoactifs des jeunes Français, enquête ESCAPAD 2002/2003, François Beck, Stéphane Legleye, Stanislas Spilka, publiée le 6 juillet 2005 par l'OFDT.

http://www.orsb.asso.fr/PDF2003/suicide.pdf

Comparaison des taux par âge en Bretagne et en France
La surmortalité en Bretagne par rapport à la France est constante entre 25 et 84 ans,
pour la période 1991-1995.
Aux âges extrêmes, les taux bretons rejoignent ceux de la moyenne française (groupe
d'âge au dessus de 85 ans) ou bien en sont très proches (groupe d'âge 15-24 ans).

Le taux de mortalité par suicide en Bretagne est supérieur de 53 % au taux de la
moyenne française chez les hommes et de 60 % chez les femmes.



Publicité

Publié dans De la sociologie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
W
Reprendre à partir de la page 60
Répondre