Entretien à la "Maison de l'agriculture"
Le point de départ de cet « entretien interview » : un simple rendez-vous d'information à propos d'un projet qui tente de concilier plusieurs intentions :
- un achat de terre pour une tranquillité de vie
- éviter la construction d'un lotissement
- permettre un espace de « repos » à une terre surexploitée, telle un vache laitière ou un cheval de course, ou encore une poule pondeuse, dont on aurait tiré tous les bénéfices pécuniaires à moindre frais, et qui ne trouverait aucun salut, aucune grâce, mais qui permettrait encore, à bout de souffle, un dernier bénéfice par sa mise à mort.
- mettre en place un projet qui rime avec « respect » et « vie » : un projet d'accueil touristique abordable, quand les gens ont de moins en moins de pouvoir d'achat. Au menu : reboisement ; plantation avec parcours pédagogique ; retraite d'espèces d'animaux de ferme court-circuités de l'abattage. Des animaux qui pourraient faire la joie des plus jeunes et des grands !
Bref, la construction d'un vrai petit paradis qui permettrait en prime de « vivre » de ces ouvrages.
La « maison de l'agriculture ». Je me suis vraiment amusée de l'idée d'aller là où sont représentés les « seigneurs de la sale bouffe et du bien le plus précieux, la terre ».
Une présentation de mon projet. La nana d'en face est désolée, mais rien de productif en terme agricole, donc, si le sol est en quelque sorte une « propriété absolue » des agriculteurs, l'agriculture ne peut rien pour moi. Et pour cause ... Pour qu'il en soit autrement, je devrai mettre un pied dans le monde des monopoles.
Je suis vite surprise. Elle me tutoie d'un coup, et me dit que cependant, elle souhaiterait beaucoup m'aider dans ce projet. Un projet qu'elle estime d'une réelle utilité, en terme d'action locale, personnelle, et environnementale. Je me sens comme « rassurée », que des gens appartenant à ce « cercle » infernal, aient conscience de l'aberration du phénomène de l'intensif, qui n'a rien d'une nécessité, ni à l'échelle nationale, ni internationale. Alors elle me "prévient" de façon embarrassée : qui je dois éviter, ce que je dois dire et faire. Le nom de Monsieur P. M., un autre tuteur de projet, bien arrosé pour être à l'affût et court circuiter tout projet qui ne serait pas d'abord agricole, et ensuite intensif. La tache officielle de quelques gens dans ces murs, aider les jeunes agriculteurs, leur tâche officieuse, avertir les agriculteurs intensifs de toutes les ventes des terres, pour leur permettre d'user du droit de préemption. Sa recommandation : la discrétion la plus totale. Elle a vu des parcelles se vendre à des porchers pour des étalements de lisier, leur permettant de fait d'agrandir leurs mouroirs à bestiaux, générant des « viandes » innommables ... pour moins d'un hectar la SAPHER usait du droit de préemption quand des particuliers voulaient un potager ou mettre un cheval dans un champ. Il parait que ce sont les hommes qui élèvent les porcs, et non l'inverse. Je me dis souvent que ce mot et son concept ont été inventés par les hommes ...
Et puis, l'échange sort vraiment des sentiers battus.
La confrérie paysanne, auprès de laquelle elle m'oriente pour étudier ce qu'est le label « accueil paysan », tout en me prévenant qu'ils seront sans doute réfractaires au fait que je m'adresse à eux par le biais de la maison de l'agriculture. Elle déplore les idées préconçues des deux côtés, et souligne tout l'intérêt que les gens ont de passer la porte de cette "maison là" pour établir leur projet. Ceci forcerait un changement, tant de la part des producteurs que des consommateurs. Mais le passage reste difficile, parce que cette maison « abrite les sans état d'âme de l'intensif ». Je lui demande ce qu'elle entend par « sans état d'âme ». La réponse est sans appel : sans état d'âme pour toutes les conséquences de leur production, pour les considérations des habitants environnant, la santé publique, sans état d'âme pour la dégradation culinaire et qualitative de leurs productions, la pollution, leurs animaux etc. Elle me raconte des anecdotes, en m'expliquant que les seigneurs des seigneurs aujourd'hui, ce sont les porchers. Un jour cela pourra être les laitiers, ou les « volailles », qu'importe, tout est en fonction des aides, et du cours de la « viande ». Quand le cochon se sera pris dans les dents un gros scandale ou la grosse flippe d'une maladie quelconque, ils se trouveront en bas du hit parade.
Tous se jalousent, utilisant chacun à leur tour ce qui est difficilement soutenable pour le consommateur : les conditions d'élevage, de transport, l'abattage, les aliments ... Je lui fais remarquer que si chacun est capable, quand ça l'arrange, de mettre cela en avant, c'est qu'il y a bien un état de conscience de ce qu'ils font, ce que je mettais en doute. Elle acquiesce et me reprend en me disant que je ne peux même pas imaginer le fossé qu'il y a entre les gardes fous des réglementations des institutions, et les pratiques des agriculteurs. Je lui dis que je ne préfère pas savoir, précisant qu'en arrivant ici, il y a bientôt 5 ans, j'avais une image très erronée et sans doute très simplette de l'agriculture, étant restée sur des souvenirs d'enfance. J'ai découvert progressivement un monde globalement vénal, et surtout, d'une irresponsabilité sans pareille.
Elle me parle des mesures qui vont aider tout doucement à peut-être établir un changement des mentalités, et ce qu'il reste à faire. J'apprends donc, que si une personne a les moyens suffisants pour une installation agricole, intensive ou non, elle peut alors se dispenser de toute formation. Ainsi, élever, nourrir, faire naître des animaux, se trouvent être à la portée de n'importe qui. Plutôt effrayant. Les enfants sont en différents points plus aidés que n'importe quel autre enfant, comme l'attribution systématique de bourse d'étude, quelque soit le revenu des parents, la prise en charge par la MSA des logements étudiant etc ... Des « dérogations » pour les installations sans diplôme, ou que très partiellement obtenus. A côté de cela, des mesures tentent de contre balancer « l'assistanat » dans lequel les agriculteurs sont vautrés. De cela, je m'en étais bien rendu compte. Ainsi, les agriculteurs seront pour la première fois obligés d'avoir des notions de gestion, de compta. Jusque là, on pense pour eux, on leur dit quoi faire, quand le faire, et le revenu provient des subventions publiques, et de tous les avantages qu'offre ce statut trés à part : monopole des terres et des maisons anciennes, charges personnels + habitations pris en charge par les fonds publiques. La gestion la compta, leur "projet d'installation", ils n'ont rien à faire, ni projet à présenter (quand bien - même combien en seraient capables ...), tout est remis entre les mains des comptables et autres notables du genre. Si la première entreprise de France, cad, l'artisanat, était gérée de la même façon, nous pourrions comparer cela aux états communistes, où les dirigeants des entreprises sont des fonctionnaires nommés par l'Etat, tuant dans sa globalité l'esprit d'initiative et l'épanouissement personnel.
Quand tout est remis entre les mains de hautes sphéres "décideuses", le phénomène de corruption n'est pas loin, et il ne touche pas que l'agriculture". Ainsi, il semblerait que les plus grosses productions passent des accords avec les comptables, les banquiers, les assureurs, pour plonger dans le désarroi économique les plus petit, afin qu'ils puissent être rachetés, au grand bonheur de ses mêmes entreprises "conseillères", et à la satisfaction de leurs meilleurs clients. Afin d'endiguer le problème, les institutions tentent d'obliger ces acteurs à se former ... c'est pas gagné lol !
Tout l'équipement d'une production agricole, les salaires, les primes, proviennent des fonds publics, directement et indirectement. Si ce système de fonctionnariat, qui ne dit pas son nom, a été mis en place, c'est pour le profit des grosses agro industries, privées elles.
Ces mêmes agro industries tentent de mettre la main sur la petite émergence des productions bio ou à intention modérée. La lutte actuelle de la confrérie paysanne se trouve là : conserver une indépendance vis à vis de ces machines à produire, machines à détruire.
Actuellement, mon interlocutrice me dit que tout est sur un fil : même si on imagine difficilement les choses aller vers le « raisonnable », si on projette mal cette industrie porter un réel intérêt sur la famine mondiale, elle me confie que les choses peuvent aussi radicalement changer, parce que les pays émergeants semblent prêts bec et ongles à sauver leur peuple de la famine, et des nouvelles méthodes de colonisation.
Ces nouvelles méthodes de colonisation : l'invasion des marchés agro alimentaires occidentaux.
Je compare la phénomène à ce qu'il s'est passé en Angleterre durant la seconde guerre mondiale. Les contribuables finançaient une colonisation qui ne rapportaient qu'aux industriels, quant eux crevaient de faim sous les bombes des allemands. Les pressions politiques internes au pays, ont obligé l'Angleterre à abandonner ses plus grands projets de colonisation du moment, comme ce « nouveau pays » dont elle a elle-même délimité les frontières : l'Irak. La dame de la maison de l'agriculture trouve la comparaison plutôt intéressante, et précise qu'il se pourrait que par la menace et la multiplication des guerres ouvertes et des procédés terroristes, tels que des enlèvements, des détournements, des explosions, l'Occident soit obligé de renoncer à son grand projet de colonisation, qui n'a d'autre fin que de tirer profit de la faim dans le monde, en laçant des productions intensives céréalières.
Les nouveaux soldats de cette guerre, les agriculteurs occidentaux. Je me rappelle alors d'une émission sur Arte, qui montrait les "nouvelles recrues" européennes, parmis les nouveaux arrivants dans l'Europe, j'ai nommé les pays de l'Est ... ces nouveaux "agriculteurs de l'intensif", bien moins gourmands, sans grande influence politique puisque pas même syndiqués, et qui coûtent bien moins cher que nos français. On y voyait des déléguations de firmes principalement françaises, former sur le tas et équiper des pauvres bougres descendants d'agriculteurs, ces mêmes anciennement pauvres. On y voyait ces grands enfants à qui on offrait la possibilité d'être "de vrai chef d'entreprise", les nouveaux riches qui pourraient jouer les hommes importants à leur tour, comme ces agris que je croise de temps en temps, qui se présentent comme des "patrons". Le même discours que tiennent nos politiques auprés de nos agriculteurs en périodes électorales ... Les pays du Nord n'ont d'ailleurs de cesse d'accuser des pays comme la France d'être à l'origine de la nouvelle grande famine mondiale, et de ce fait, d'être l'un des principaux acteurs de la destruction de la planète par ses influences stratégiques, dans la guerre qui oppose surproduction et survie des espèces.
C'est drôle quand j'y pense, après la "seconde grande guerre", les regards se sont portés vers l'or noire, le pétrole. Le système capitaliste à bout de souffle n'a su trouver d'autres alternatives que les guerres pour se relancer. Je suis issue de la génération qui pensait que le plus grand intérêt des industriels se portait sur les énergies. Or, le retour de bâton de l'ultra libéralisme, le boomerang de la mondialisation, que seuls « des écolos terroristes » dénonçaient, nous ramène à notre plus élémentaire « nœud de guerre », l'eau et la nourriture : les préoccupations les plus basiques, les plus élémentaires, et propres à toute espèce animale.
J'ai entendu trés dernièrement, qu'étant donné mes positions contre l'intensif, je serai "bio". Je me suis marrée, parce que j'ai bien retrouvé la démagogie des modes binaires, un procédé tout à fait manipulateur vis à vis des consommateurs: "agriculteurs contre écolos terroristes".
Alors encore une fois, qui sont ceux qui imposent ?
- un achat de terre pour une tranquillité de vie
- éviter la construction d'un lotissement
- permettre un espace de « repos » à une terre surexploitée, telle un vache laitière ou un cheval de course, ou encore une poule pondeuse, dont on aurait tiré tous les bénéfices pécuniaires à moindre frais, et qui ne trouverait aucun salut, aucune grâce, mais qui permettrait encore, à bout de souffle, un dernier bénéfice par sa mise à mort.
- mettre en place un projet qui rime avec « respect » et « vie » : un projet d'accueil touristique abordable, quand les gens ont de moins en moins de pouvoir d'achat. Au menu : reboisement ; plantation avec parcours pédagogique ; retraite d'espèces d'animaux de ferme court-circuités de l'abattage. Des animaux qui pourraient faire la joie des plus jeunes et des grands !
Bref, la construction d'un vrai petit paradis qui permettrait en prime de « vivre » de ces ouvrages.
La « maison de l'agriculture ». Je me suis vraiment amusée de l'idée d'aller là où sont représentés les « seigneurs de la sale bouffe et du bien le plus précieux, la terre ».
Une présentation de mon projet. La nana d'en face est désolée, mais rien de productif en terme agricole, donc, si le sol est en quelque sorte une « propriété absolue » des agriculteurs, l'agriculture ne peut rien pour moi. Et pour cause ... Pour qu'il en soit autrement, je devrai mettre un pied dans le monde des monopoles.
Je suis vite surprise. Elle me tutoie d'un coup, et me dit que cependant, elle souhaiterait beaucoup m'aider dans ce projet. Un projet qu'elle estime d'une réelle utilité, en terme d'action locale, personnelle, et environnementale. Je me sens comme « rassurée », que des gens appartenant à ce « cercle » infernal, aient conscience de l'aberration du phénomène de l'intensif, qui n'a rien d'une nécessité, ni à l'échelle nationale, ni internationale. Alors elle me "prévient" de façon embarrassée : qui je dois éviter, ce que je dois dire et faire. Le nom de Monsieur P. M., un autre tuteur de projet, bien arrosé pour être à l'affût et court circuiter tout projet qui ne serait pas d'abord agricole, et ensuite intensif. La tache officielle de quelques gens dans ces murs, aider les jeunes agriculteurs, leur tâche officieuse, avertir les agriculteurs intensifs de toutes les ventes des terres, pour leur permettre d'user du droit de préemption. Sa recommandation : la discrétion la plus totale. Elle a vu des parcelles se vendre à des porchers pour des étalements de lisier, leur permettant de fait d'agrandir leurs mouroirs à bestiaux, générant des « viandes » innommables ... pour moins d'un hectar la SAPHER usait du droit de préemption quand des particuliers voulaient un potager ou mettre un cheval dans un champ. Il parait que ce sont les hommes qui élèvent les porcs, et non l'inverse. Je me dis souvent que ce mot et son concept ont été inventés par les hommes ...
Et puis, l'échange sort vraiment des sentiers battus.
La confrérie paysanne, auprès de laquelle elle m'oriente pour étudier ce qu'est le label « accueil paysan », tout en me prévenant qu'ils seront sans doute réfractaires au fait que je m'adresse à eux par le biais de la maison de l'agriculture. Elle déplore les idées préconçues des deux côtés, et souligne tout l'intérêt que les gens ont de passer la porte de cette "maison là" pour établir leur projet. Ceci forcerait un changement, tant de la part des producteurs que des consommateurs. Mais le passage reste difficile, parce que cette maison « abrite les sans état d'âme de l'intensif ». Je lui demande ce qu'elle entend par « sans état d'âme ». La réponse est sans appel : sans état d'âme pour toutes les conséquences de leur production, pour les considérations des habitants environnant, la santé publique, sans état d'âme pour la dégradation culinaire et qualitative de leurs productions, la pollution, leurs animaux etc. Elle me raconte des anecdotes, en m'expliquant que les seigneurs des seigneurs aujourd'hui, ce sont les porchers. Un jour cela pourra être les laitiers, ou les « volailles », qu'importe, tout est en fonction des aides, et du cours de la « viande ». Quand le cochon se sera pris dans les dents un gros scandale ou la grosse flippe d'une maladie quelconque, ils se trouveront en bas du hit parade.
Tous se jalousent, utilisant chacun à leur tour ce qui est difficilement soutenable pour le consommateur : les conditions d'élevage, de transport, l'abattage, les aliments ... Je lui fais remarquer que si chacun est capable, quand ça l'arrange, de mettre cela en avant, c'est qu'il y a bien un état de conscience de ce qu'ils font, ce que je mettais en doute. Elle acquiesce et me reprend en me disant que je ne peux même pas imaginer le fossé qu'il y a entre les gardes fous des réglementations des institutions, et les pratiques des agriculteurs. Je lui dis que je ne préfère pas savoir, précisant qu'en arrivant ici, il y a bientôt 5 ans, j'avais une image très erronée et sans doute très simplette de l'agriculture, étant restée sur des souvenirs d'enfance. J'ai découvert progressivement un monde globalement vénal, et surtout, d'une irresponsabilité sans pareille.
Elle me parle des mesures qui vont aider tout doucement à peut-être établir un changement des mentalités, et ce qu'il reste à faire. J'apprends donc, que si une personne a les moyens suffisants pour une installation agricole, intensive ou non, elle peut alors se dispenser de toute formation. Ainsi, élever, nourrir, faire naître des animaux, se trouvent être à la portée de n'importe qui. Plutôt effrayant. Les enfants sont en différents points plus aidés que n'importe quel autre enfant, comme l'attribution systématique de bourse d'étude, quelque soit le revenu des parents, la prise en charge par la MSA des logements étudiant etc ... Des « dérogations » pour les installations sans diplôme, ou que très partiellement obtenus. A côté de cela, des mesures tentent de contre balancer « l'assistanat » dans lequel les agriculteurs sont vautrés. De cela, je m'en étais bien rendu compte. Ainsi, les agriculteurs seront pour la première fois obligés d'avoir des notions de gestion, de compta. Jusque là, on pense pour eux, on leur dit quoi faire, quand le faire, et le revenu provient des subventions publiques, et de tous les avantages qu'offre ce statut trés à part : monopole des terres et des maisons anciennes, charges personnels + habitations pris en charge par les fonds publiques. La gestion la compta, leur "projet d'installation", ils n'ont rien à faire, ni projet à présenter (quand bien - même combien en seraient capables ...), tout est remis entre les mains des comptables et autres notables du genre. Si la première entreprise de France, cad, l'artisanat, était gérée de la même façon, nous pourrions comparer cela aux états communistes, où les dirigeants des entreprises sont des fonctionnaires nommés par l'Etat, tuant dans sa globalité l'esprit d'initiative et l'épanouissement personnel.
Quand tout est remis entre les mains de hautes sphéres "décideuses", le phénomène de corruption n'est pas loin, et il ne touche pas que l'agriculture". Ainsi, il semblerait que les plus grosses productions passent des accords avec les comptables, les banquiers, les assureurs, pour plonger dans le désarroi économique les plus petit, afin qu'ils puissent être rachetés, au grand bonheur de ses mêmes entreprises "conseillères", et à la satisfaction de leurs meilleurs clients. Afin d'endiguer le problème, les institutions tentent d'obliger ces acteurs à se former ... c'est pas gagné lol !
Tout l'équipement d'une production agricole, les salaires, les primes, proviennent des fonds publics, directement et indirectement. Si ce système de fonctionnariat, qui ne dit pas son nom, a été mis en place, c'est pour le profit des grosses agro industries, privées elles.
Ces mêmes agro industries tentent de mettre la main sur la petite émergence des productions bio ou à intention modérée. La lutte actuelle de la confrérie paysanne se trouve là : conserver une indépendance vis à vis de ces machines à produire, machines à détruire.
Actuellement, mon interlocutrice me dit que tout est sur un fil : même si on imagine difficilement les choses aller vers le « raisonnable », si on projette mal cette industrie porter un réel intérêt sur la famine mondiale, elle me confie que les choses peuvent aussi radicalement changer, parce que les pays émergeants semblent prêts bec et ongles à sauver leur peuple de la famine, et des nouvelles méthodes de colonisation.
Ces nouvelles méthodes de colonisation : l'invasion des marchés agro alimentaires occidentaux.
Je compare la phénomène à ce qu'il s'est passé en Angleterre durant la seconde guerre mondiale. Les contribuables finançaient une colonisation qui ne rapportaient qu'aux industriels, quant eux crevaient de faim sous les bombes des allemands. Les pressions politiques internes au pays, ont obligé l'Angleterre à abandonner ses plus grands projets de colonisation du moment, comme ce « nouveau pays » dont elle a elle-même délimité les frontières : l'Irak. La dame de la maison de l'agriculture trouve la comparaison plutôt intéressante, et précise qu'il se pourrait que par la menace et la multiplication des guerres ouvertes et des procédés terroristes, tels que des enlèvements, des détournements, des explosions, l'Occident soit obligé de renoncer à son grand projet de colonisation, qui n'a d'autre fin que de tirer profit de la faim dans le monde, en laçant des productions intensives céréalières.
Les nouveaux soldats de cette guerre, les agriculteurs occidentaux. Je me rappelle alors d'une émission sur Arte, qui montrait les "nouvelles recrues" européennes, parmis les nouveaux arrivants dans l'Europe, j'ai nommé les pays de l'Est ... ces nouveaux "agriculteurs de l'intensif", bien moins gourmands, sans grande influence politique puisque pas même syndiqués, et qui coûtent bien moins cher que nos français. On y voyait des déléguations de firmes principalement françaises, former sur le tas et équiper des pauvres bougres descendants d'agriculteurs, ces mêmes anciennement pauvres. On y voyait ces grands enfants à qui on offrait la possibilité d'être "de vrai chef d'entreprise", les nouveaux riches qui pourraient jouer les hommes importants à leur tour, comme ces agris que je croise de temps en temps, qui se présentent comme des "patrons". Le même discours que tiennent nos politiques auprés de nos agriculteurs en périodes électorales ... Les pays du Nord n'ont d'ailleurs de cesse d'accuser des pays comme la France d'être à l'origine de la nouvelle grande famine mondiale, et de ce fait, d'être l'un des principaux acteurs de la destruction de la planète par ses influences stratégiques, dans la guerre qui oppose surproduction et survie des espèces.
C'est drôle quand j'y pense, après la "seconde grande guerre", les regards se sont portés vers l'or noire, le pétrole. Le système capitaliste à bout de souffle n'a su trouver d'autres alternatives que les guerres pour se relancer. Je suis issue de la génération qui pensait que le plus grand intérêt des industriels se portait sur les énergies. Or, le retour de bâton de l'ultra libéralisme, le boomerang de la mondialisation, que seuls « des écolos terroristes » dénonçaient, nous ramène à notre plus élémentaire « nœud de guerre », l'eau et la nourriture : les préoccupations les plus basiques, les plus élémentaires, et propres à toute espèce animale.
J'ai entendu trés dernièrement, qu'étant donné mes positions contre l'intensif, je serai "bio". Je me suis marrée, parce que j'ai bien retrouvé la démagogie des modes binaires, un procédé tout à fait manipulateur vis à vis des consommateurs: "agriculteurs contre écolos terroristes".
Alors encore une fois, qui sont ceux qui imposent ?
Publicité